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1 décembre 2012 6 01 /12 /décembre /2012 23:44

Ce n'est pas une affirmation, plutôt une question. 

Je ne sais où j'avais lu cette blague pas mal idiote..

 

Un photographe rencontre un de ses amis et lui raconte : "tu vas pas croire ce qui m'est arrivé hier soir sur le pont Jacques Cartier ( je dis le pont Jacques Cartier, parce que c'est le plus proche, mais vous pouvez adapter.. ) je vois sur le parapet du pont, une femme, tenant deux enfants contre elle, prête à se jeter dans le vide avec eux"

Et l'ami lui demnde  "et tu as fait quoi?"

et le photographe de répondre:" ben.. j'ai reglé mon appareil au 1/250e de seconde et f8." 

Aujourd'hui en feuilletant un livre, "musée de la photo", je tombe sur un photographe dont le nom me disait rien : Russell Sorgi.

En cherchant dans google pour voir le genre d'image que fait ou plutôt faisait ce monsieur, je tombe sur une photo, mais reproduite et encore reproduite, toujours la même image. Celle-ci:

genesee-hostel.jpg

 

Il faut raconter. Russell Sorgi est photographe de presse, enfin était.  En 1942, alors qu'il était en auto, il est dépassé par une voiture de police, toutes sirènes hurlantes. Il la suit. Jusqu'aux abords d'un hotel. Une femme est sur une corniche au 8e étage. 

Le photographe sort son appareil de son auto. Il faut préciser qu'à cette époque, les appareils de presse demandaient une manipulation pour changer de film à  chaque image.. 

Et il photographie la chute de la désespérée. 

C'est la raison du titre de ce billet.

 Comment se fait-il qu'un individu, un  photographe puisse penser à faire une photo dans des circonstances pareilles.. Pire, comment est-il capable de réussir la photo?

Est-ce que l'oeil collé au viseur, le ou la photographe est déconnecté-e de la réalité?

Est-ce que si je photographie une femme nue, très sexy, je vais rester de glace?

Qu'en pensez vous? 



 


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Published by dominique bouvet - dans L'image; ce qu'on en fait
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commentaires

veronique 06/12/2012 10:08

Déjà peu convaincue mais ouverte à un doute j'ai définitivement cessé de croire en un quelconque dieu le jour où j'ai découvert la terrible photo de Kevin Carter et n'ai nullement été étonnée
d'apprendre son suicide : il laissa une lettre d'adieu dans laquelle il évoquait des souvenirs de guerres, de famines, d'enfants mourants, et la force avec laquelle ils le hantaient. A 33 ans il
venait de mettre fin à ses jours.
Un virage dans ma vie.

Pastelle 04/12/2012 12:40

Oui, photographier coupe de la réalité. Parfois, je ne vois même pas qu'il pleut. Ni les gens autour de moi.

Pour des cas plus extrêmes, je ne sais pas si je pourrais. C'est le genre de situation où on réagit dans l'émotion du moment, et on ne sait pas trop à l'avance quelle va être cette émotion.

Par contre pour les photos de nu je peux te répondre : il ne me vient pas l'ombre d'un soupçon de pensée coquine quand je photographie un homme ou une femme nus. Je ne vois que les ombres et la
lumière, les lignes et les courbes.

En même temps ce qui est susceptible de m'intéresser chez un homme se situe plus au niveau de son cerveau que de son corps. ;)

ASTOR 04/12/2012 05:11

Incroyable cette photo !
Ta question vaut aussi pour les photographes des conflits, des famines. Comment s'attacher à faire une belle photo d'un enfant affamé ou d'un adulte meurtri ? Nous sommes bizarrement formatés. Je
dis nous car celui qui visionne sera également plus attentif à une photo de détresse lorsqu'elle est "réussie" !

Mais le cas de la femme qui tombe est tout de même extraordinaire...

dominique bouvet 04/12/2012 12:27



c'est vraiment une chose qui m'intrigue cette faculté que nous avons de voir les choses différentes en cas d'urgence.  



Labaronne 03/12/2012 18:00

mais c'est terrible, mais en même temps compréhensible- quant à toi tu t'enflamme déjà pour des bijoux de glace alors pour une nana dépouillée, je ne parierai pas que tu le restes, de glace

brigitte 03/12/2012 13:45

pas envie de réfléchir à un sujet si grave...
pourtant il faudrait