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16 février 2012 4 16 /02 /février /2012 03:13

Je suis en train de lire un bouquin d'un écrivain Montréalais, d'origine Haitienne, Denis Lafrennière.

Dans son livre, un passage  m'a beaucoup étonné.

Dans un chapitre intitulé "Le Japnais de la tour Eiffel" Il y parle de photographie.

"Je n'ai jamais eu d'appareil photo. C'est que je ne comprend pas tout à fait son usage. Si c'est pour faire des photos que je ne regarderai pas, alors on peut dire que c'est l'invention la plus bête qui soit.

J'en ai déjà un qui fonctionne très bien.

Cette boîte crânienne où j'ai classé cinquante ans d'images dot la plupart se répètent jusqu'à former le tissu de ma vie ordinaire../."

"On me fait comprendre que ces images n'appartiennent qu'à moi, et que les autres n'y ont pas accès. Pas forcément, je peux les décrire avec une précision telle qu'elles finissent par défiler devant leurs yeux.     Je sais raconter un instant sans décire les personnages présents, en évoquant simplement l'énergie qui donne vie au moment. Sur une photo, on voit rarement cette émotion qui constitue la trame de l'histoire qui se déroule devant nous. Sauf sur les photos d'anniversaire où l'on distingue les yeux éblouis de l'enfant derrière les bougies allumées."

Je me suis posé plein de questions à propos de ce bout de texte. Je me demande si j'ai tort et lui raison. Pour tout dire, je suis bien père plexe (oui, je sais, je sais.. je peux pas me passer de ces plaisanteries idiotes).

Je risque d'être "écartelé" entre des vues (savez vous qu'aller au ciné, au québec on dit encore "aller aux vues") bien différentes.

Celles de Denis Laferrière, qui semble penser que la photographie ça se limite aux souvenirs de famille ou de voyage à Paris et qu'il peut avec des mots décrire les "images'" qu'il a gravé dans son cerveau et celles de Laurence,  qui en s'exprimant sur l'abstrait en photographie dit:

"c’est qu’une photo "abstraite" doit laisser libre-court à l’imagination du spectateur. Mais sur le fond, qu’est-ce que cela signifie ? Il faudrait que chacun puisse y projeter sa propre part de réalité. Encore une fois, et on y revient toujours, il s’agit permettre au lecteur de dépasser son statut de spectateur pour se transposer en tant qu’acteur, s’approprier une émotion, un sentiment, une situation. "

J'ai mis entre guillemets abstraite parce que je pense que cette phrase s'applique à toute photographie, même d'anniversaire.

Abstractions--variations--de-Sidonic-2728.jpg


Si je prend cette photo faite au bord de la rivière des prairies,  je me demande combien de mots il faudrait à Laferrière pour décrire cet endroit " avec une précision telle qu'il  finisse par défiler devant leurs yeux.""

Qu'en pensez vous?

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Published by dominique bouvet - dans Quelques mots
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commentaires

Elsaxelle 22/02/2012 08:45

Qu'elle est belle cette photo ! On peut tout inventer dessus, c'est parfait pour remuer l'imaginaire.

dominique bouvet 22/02/2012 13:12



remuer l'imaginaire, j'aime vraiment la formule.   C'est ça qui est assez magique avec une photo. Chacun doit y mettre son "grain de sel" imaginaire.


Bonne journée



Laurence 18/02/2012 10:40

Bonjour Dominique !
Je réagis au titre qui fait allusion aux japonais qui prennent autant de photos.
Bon, je ne suis pas experte dans cette langue, mais j'ai été baignée dans sa culture pendant de loooongues années.
La langue japonaise est une langue extrêmement complexe et qui a la particularité d'être très contextuelle. Je m'explique : les japonais n'utilisent pas les mêmes mots en fonction de à qui ils
s'adressent, s'ils sont dehors, dedans, s'il fait beau, s'il pleut, etc ... Du coup, il est très difficile pour eux d'évoquer un événement de manière "conceptuelle" et générale. En conséquence, la
photo est un vrai plus pour eux car elle peut se passer en partie de mots. La forme de poésie très à la mode, les haïkus en sont une belle illustration : à travers quelques mots très descriptifs
d'une situation, le haïku réussit à évoquer la sérénité par exemple sans jamais utiliser justement le mot "sérénité" (qui est très conceptuel).
Et je trouve une très grande similarité entre la photo et ce genre de poésie : montrer, décrire et au final, évoquer.

Bonne journée à toi !

Laurence

dominique bouvet 18/02/2012 13:38



Bonjour Laurence. 


C'est un plaisir de te lire.  J'aime beaucoup ce que tu dis sur les japonais. Encore un cliché qui a la vie dure "le japonais photographe hyperactif". Et c'est bien que tu donnes des
indications si précise par rapport à leurs mots. Merci pour le partage. 



Pastelle 17/02/2012 17:44

Heureusement qu'on est tous différents ! Tu te rends compte, si tout le monde pensait comme cet écrivain, toutes les merveilles dont nous serions privés ?

dominique bouvet 18/02/2012 13:46



C'est aussi ce que je pense.  Je me demande si le fait d'avoir une préférence sur quelque chose doit nous faire dénigrer les autres choses..


Ça finit un peu sectaire autrement. 


On va pas partir une guerre de religion mots-photos



gootchai 17/02/2012 15:14

Là tu a raison!! impossible pour moi de décrire cette beauté sans la voir!!! super article!! j'aime ces questionnements!!!Merci à toi! et bisoussssssssss

dominique bouvet 18/02/2012 13:46



Merci gootchai,  Ça me fait plaisir de voir que mes petites créations te plaisent. 


à bientot.


 



sav 17/02/2012 13:04

la preuve que le texte peut être fort, c'est qu'avec un roman, on doit tout imaginer :) apres, on va toujours prendre ce que l'on connait...

dominique bouvet 17/02/2012 13:54



Bonjour sav.


Aucun doute là dessus. Je ne nie pas la force des mots, mais je ne comprend pas qu'un romancier limite la photographie à  la photo style "japonais à la tour effeil" on noel 2011 chez grand
mêre.


Bonne journée à toi