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4 février 2009 3 04 /02 /février /2009 19:23

Des images fascinantes..

Simples,  douloureuses.

 
Les photographies d'un photographe français.Tristan Jeanne-Valés
Son site est à visiter. 
http://tristan.jeannevales.free.fr/

Allez parcourir les images de "Mémoires closes"

Regardez et imaginez......
Lisez ce qu'il dit de cette galerie:

"« Mémoires Closes » est né d’une commande. Le Centre hospitalier spécialisé de Caen, en pleine mutation, souhaitait monter un projet sur la mémoire des lieux.L’idée même de pénétrer et de photographier cet endroit « interdit », lourd d’histoires, caché derrière ses hauts murs, que tout le monde ici connaît sans vraiment connaître, et que tout le monde continue aujourd’hui encore d’appeler le Bon Sauveur, le « BS », m’a tout de suite intéressé.Les premières visites furent brutales.Le labyrinthe des ruelles et des pavillons (Saint-Charles, Saint-Lazare, Sainte-Thérèse…), la banalité des façades, des couloirs, et en contrepoint, la dureté de la folie et de l’enfermement (ces regards, le rituel des clés) m’ont fait très vite douter du pourquoi de ma présence. Je n’avais pas l’autorisation de photographier les patients (ou alors, de loin, peut-être…), je crois que je ne le voulais pas non plus.Je discutai un après-midi avec un infirmier, l’écoutant raconter l’hôpital, lui faisant part de mon doute. Il m’a montré une inscription creusée dans la pierre, profondément, presque une sculpture. Je l’ai photographiée.Je me suis mis dès lors à scruter les murs avec beaucoup plus d’attention ; j’ai vu des initiales et des dates, des dessins, des visages, des cris, des griffures et des entailles, des mots, des sexes, des noms. Mais pas d’explication : ces images gardent leurs secrets, leur épaisseur, leur beauté parfois… et leur anonymat.Des générations de patients ont laissé ces traces. Chacune porte en elle son fantôme, malade, grinçant. J’ai longé et lorgné les murs du Bon Sauveur pendant des heures. Une mémoire des lieux est écrite ici : il faut juste regarder de près, s’arrêter, prêter attention ; « mémoires closes » était gravé à même la pierre. Quand, par qui ? Je ne sais pas…Je ne peux m’empêcher, pour chaque image, d’imaginer la main qui, un jour, a laissé ces signes, cette volonté têtue d’inscrire. Il y a quelque chose de douloureux dans ce travail.Certaines images sont très graphiques, on peut voir là des œuvres.J’ai photographié ces œuvres, je me les approprie. La photographie, c’est du vol.L’appropriation par le photographe d’images faites par d’autres me questionnera toujours.Garder trace de ces traces est important. Ou parfaitement futile…En faire mes photographies, les sortir de ce lieu peu accessible, les donner à voir – beaucoup vont disparaître – permettre ce passage, voilà une réponse, voilà mon travail.

Tristan Jeanne-Valès, décembre 2005"

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Published by dominique bouvet - dans Photographes au masculin
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